Xavier de Labarrière
Expert-comptable, Commissaire aux comptes & Coach Uston, a accompagné et formé plus de 3.000 entrepreneurs TPE et PME, depuis plus de 20 ans.

5 avantages et 5 inconvénients de la micro-entreprise à connaître pour optimiser le statut

par | 15 Juil 2019

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Temps de lecture : 7 minutes

Comprendre les avantages et les inconvénients de la micro-entreprise avant de se lancer. Ça peut vous permettre de profiter pleinement des avantages de ce statut. Ça vous permet aussi d’éviter les erreurs liées à ses inconvénients. Et éventuellement de choisir un statut mieux adapté à votre situation. Le point pour y voir clair et créer votre micro-entreprise en toute connaissance de cause.

Les 5 avantages de la micro-entreprise

 

 

Avantage n°1 : Le calcul de vos charges sociales, simple et prévisible

La méthode de calcul de vos cotisations sociales est simple : c’est un pourcentage de votre chiffre d’affaires :

22% si vous êtes prestataire de services (ou à partir de 5% si vous bénéficier de l’aide pour les créateurs d’entreprises),

12,8% si vous êtes commerçant (ou à partir de 3,2% pour si vous bénéficier de l’aide pour les créateurs d’entreprise).

Tous les mois ou tous les trimestres, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires. Puis vous le multipliez par votre pourcentage de charges sociales, pour savoir ce que vous devez payer. 

Une fois le règlement de vos charges sociales effectué (en ligne par carte de crédit ou virement) vous n’aurez pas de régularisation de charges à payer, pas d’échéancier, pas de mauvaise surprise. Vos charges sociales sont « purgées » tous les mois ou tous les trimestres. C’est un avantage important pour la gestion de votre trésorerie.

Avantage n°2 : Le calcul de votre impôt sur le revenu

Normalement, en tant que micro-entrepreneur, vous pouvez bénéficier d’un calcul très avantageux de votre impôt sur le revenu.

Il peut être calculé par rapport à votre chiffre d’affaires en même temps que vos charges sociales. C’est ce qu’on appelle le versement fiscal libératoire (VFL). Il est égal à :

1,7% ou 2,2 % de votre chiffre d’affaires si vous êtes prestataire de services,

1% de votre chiffre d’affaires si vous êtes commerçant.

Cette méthode de calcul est en général nettement plus avantageuse que le barème progressif généralement utilisé pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

Pour en bénéficier :

  1. Vous devez formuler une option lors de la création de votre micro-entreprise (une croix à cocher).
  2. Votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 doit être inférieur à 26.818 € si vous êtes célibataire (53 636 € pour un couple avec 2 parts fiscales).

C’est un avantage important.

Exemple

Pour un micro-entrepreneur profession libérale célibataire qui facture 60.000 € de services par an, le montant de l’impôt sur le revenu sera de :

  • 1.320 € s’il bénéfice du versement fiscal libératoire (VFL = 2,2% x 60.000 €)
  • 6.182 € si son impôt sur le revenu est calculé avec le barème progressif.

Dans ce cas, le versement fiscal libératoire permet de faire une économie de 4.862 € (6.182 € – 1.320 €).

Avantage n°3 : Aucun coût de constitution, ni de coût comptable

Autre avantage non négligeable, la création d’une micro-entreprise ne coûte rien et peut se faire en quelques minutes. Pas de statuts à rédiger, pas de capital à verser, pas de frais de greffe. Alors que la création d’une EURL ou une SAS coûte entre 400 € et 750 € frais de greffe compris (chez notre partenaire Legalstart).

Et comme en tant que micro-entrepreneur vous n’aurez pas de comptabilité à tenir, vous n’aurez aucun coût comptable. Pas d’assemblée générale, ni de rapport de gestion à rédiger. Une économie supplémentaire d’au moins 1500 € par an.

La seule obligation que vous avez, c’est de tenir à jour la liste des factures que vous avez envoyées à vos clients. Et d’indiquer pour chacune, sa date de règlement.

Avantage n°4 : Zéro coût de fermeture

La fermeture d’une entreprise (radiation au registre du commerce) coûte en frais d’avocat et frais comptable entre 1.500 € et 2.000 €. Lorsque vous arrêtez votre activité de micro-entreprise, cela ne coûte rien. C’est un autre avantage important qu’il ne faut pas négliger quand on se lance, surtout si vous testez une idée ou une nouvelle activité.

Avantage n°5 : Aucune TVA à reverser

En tant que micro-entrepreneur, tant que vous ne dépassez pas un certain niveau de chiffre d’affaires (33.200 € pour les prestataires de services et 82.800 € pour les commerçants), vous n’êtes pas obligé de facturer la TVA à vos clients. C’est le régime de « la franchise en base de TVA ».

C’est très avantageux financièrement pour vous, si vos clients sont des particuliers, des associations ou des micro-entrepreneurs … qui ne peuvent pas se faire rembourser la TVA sur leurs dépenses. Cette TVA, que vous ne facturez pas et ne versez pas à l’état, c’est donc du bénéfice pour vous.

 Les 5 inconvénients de la micro-entreprise

Inconvénient n°1 : Vous ne pouvez pas récupérer la TVA payée sur vos dépenses

Si vous ne facturez pas de TVA à vos clients, la contrepartie c’est que vous ne pourrez pas récupérer la TVA payée sur vos dépenses. Ca peut être pénalisant et constituer un véritable inconvénient si vous faites des investissements importants. 

Car la TVA que vous payez peut représenter 20% du prix achat d’un véhicule de transport, des travaux dans une boutique, de mobilier, ou d’achat de votre stock.

Sachez cependant que même en tant que micro-entrepreneur vous pouvez contourner cet inconvénient en facturant la TVA à vos clients, quel que soit le niveau de votre chiffre d’affaires.

Pour ça, il vous suffit de formuler l’option pour être « assujetti » à TVA lors de la création de votre micro-entreprise ou chaque année avant le 1er février (Article 267 quinquies du code général des impôts).

Inconvénient n°2 : Vos charges sociales peuvent s’envoler

Les charges sociales sont calculées et versées très simplement tous les trimestres par le micro-entrepreneur. C’est simple et c’est financièrement avantageux, tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 30.000 € pour les prestataires de services et 80.000 € pour les commerçants.

Mais au-dessus, cet avantage peut devenir rapidement un inconvénient. Si vous êtes prestataire de service et que vous facturez 60.000 € de chiffre d’affaires, vos charges sociales à payer s’élèveront à 13.200 € (22% de votre chiffre d’affaires). Quel que soit le niveau de votre rémunération ! 

Alors que si vous faisiez le même chiffre d’affaires, que vous étiez en EURL par exemple et que vous vous versiez 1.500 € de rémunération nette par mois, le montant de vos charges sociales serait limité à 8.100 €.  Vous feriez donc une économie de 5.100 € par rapport à la micro-entreprise.

Inconvénient n°3 : Pas de déduction fiscale de vos investissements

L’un des principaux avantages de la micro-entreprise est que son bénéfice est calculé forfaitairement par rapport à son chiffre d’affaires. Elle n’a donc pas de comptabilité à tenir.

En contrepartie si vous êtes en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire de votre revenu professionnel imposable, les investissements que vous avez réalisés. Contrairement à une entreprise classique, qui vous permet de déduire de votre bénéfice imposable la plupart de vos investissements.

C’est un inconvénient si vous faites des investissements (véhicule de transport, mobilier, matériel technique, etc.). Ce n’est pas un inconvénient dans le cas contraire.

Inconvénient n°4 : Des seuils fiscaux souvent complexes à franchir

Si vous êtes micro-entrepreneur et que votre chiffre d’affaires augmente régulièrement, vous allez avoir 3 seuils à franchir :

  • Le seuil au-dessus duquel vous perdez le droit de bénéficier du versement fiscal libératoire (VFL) (26.818 € de revenu imposable pour tous les micro-entrepreneurs),
  • Le seuil à partir duquel vous êtes obligé de facturer de la TVA à vos clients (33.200 € pour les prestataires de services et 82.800 € pour les commerçants)
  • Le seuil au-delà duquel vous êtes obligé de sortir du régime de la micro-entreprise (70.000 € pour les prestataires de services et 170.000 € pour les commerçants)

Le fait que ces seuils ne soient pas tous identiques, constitue un inconvénient non négligeable dans leur suivi.

C’est pour cette raison que nous avons créé un service d’accompagnement des micro-entrepreneurs pour franchir ces seuils sereinement.

Inconvénient n°5 : Une transition compliquée vers l’entreprise normale

Le statut de micro-entrepreneur est très simple pour se lancer. Tout le monde le sais. C’est un peu un « cocon » de simplicité. 

Si votre entreprise se développe, le jour où vous devez quitter ce statut, cet avantage peut devenir un inconvénient. En effet, lorsque vous passez du statut de micro-entrepreneur au statut de SASU, EIRL ou EURL, vous perdrez la plupart des avantages du régime. D’un seul coup, vous devez : 

  • tenir une comptabilité, 
  • être affilié aux organismes sociaux en tant que Travailleur Non Salarié (TNS) ou assimilé salarié,
  • adhérer à un centre de gestion agréé, 
  • établir un rapport de gestion, etc. 

Tout cela n’est pas compliqué lorsqu’on est en mode « routine », c’est-à-dire que tout est mis en place. Mais l’expérience montre que la plupart des micro-entrepreneurs vivent difficilement cette transition. Même si tout rentre rapidement dans l’ordre, lorsqu’ils se font accompagner par un conseiller ou un expert-comptable. 

C’est pour cette raison que Uston vous propose un service de coaching pour réussir votre « sortie » du statut de micro-entrepreneur ».


Comment contourner les inconvénients de la micro-entreprise ?

Si vous ne souhaitez pas créer de micro-entreprise, il existe plusieurs solutions alternatives adaptées à des petits projets :

  1. Le portage salarial permet d’être autonome tout en étant salarié d’une société de portage.
  2. Le portage micro-entrepreneur est une solution originale pour bénéficier du régime de la micro-entreprise sans en supporter les inconvénients. Il permet de demander à un intermédiaire de facturer vos prestations à vos clients et d’en assurer le recouvrement. Vous récupérez votre argent en facturant ce prestataire, quand vous le souhaitez, nette de sa commission.
  3. Le chèque emploi service (CESU) si vous proposez des activités de services à la personne (ménage, cours du soir, jardinage, etc.). Il vous permet d’être rémunéré sans que vous n’ayez rien à facturer.

Pour résumer, le statut de micro-entrepreneur est particulièrement adapté pour tester une activité, ou pour exercer une activité complémentaire à votre activité principale. Surtout si vos clients sont des particuliers. Si vous prévoyez de lancer à 100% dans une activité à destination des entreprises, il peut être préférable de créer dès le début une entreprise « normale ». N’hésitez pas à nous solliciter si vous souhaitez avoir un accompagnement personnalisé.

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